Varicelle : symptômes, traitement, prévention, complications et vaccination

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La varicelle est une maladie infantile, infectieuse et très contagieuse qui touche souvent les enfants entre 3 mois et 10 ans. Elle est causée par le virus varicelle-zona (ou varicella-zoster Virus (VZV)) qui appartient au groupe herpes-virus, elle a une période d’incubation de 14 jours en moyenne (de 10 à 21 jours), et une période contagieuse qui commence de 24 à 48 heures avant l’apparition des premiers symptômes et dure environ une semaine.

Elle est transmissible par contact direct avec les cloques d’une personne infectée ou par les voies respiratoires, elle peut être redoutable et mortelle chez l’adulte non immunisé, la femme enceinte, le fœtus, le nouveau-né et l’immunodéprimé (comme les leucémiques), et elle cause des épidémies avec des pics saisonniers le plus souvent à la fin de l’hiver et au début du printemps et au début de l’été.

Les symptômes avant et après les boutons

La varicelle est très contagieuse même avant l’apparition des boutons d’où l’importance de connaitre les premier symptômes :

  • La maladie commence par une manifestation soudaine d’une fièvre modérée jusqu’à 38 °C, d’une fatigue persistante, et d’un écoulement nasal accompagné parfois des maux de gorge, maux de tête, des douleurs articulaires et musculaires et/ou d’une perte d’appétit ;
  • 1 ou 2 jours plus tard, de petites taches roses 2 à 3 mm de diamètre (macules) apparaissent progressivement en commençant par la nuque, le ventre ou le dos, puis l’ensemble du corps et les membres, elles peuvent couvrir aussi le cuir chevelu, l’intérieur de la bouche et les muqueuses génitales où elles prennent l’allure d’ulcérations, et elles sont souvent associées à de fortes démangeaisons (prurits) qui peuvent incommoder énormément l’enfant ;
  • Ces taches prennent rapidement du relief pour se transformer en de minuscules cloques remplies d’un liquide clair, parfois entourées d’un léger cercle rouge, donnant l’impression des gouttes de rosée posée sur une peau saine, le liquide clair des vésicules est très contagieux car bourré de virus ;
  • Puis, ces vésicules commencent à sécher au bout de 2 jours et forment alors au centre une croûte de couleur foncée qui s’étend avant de tomber au bout d’une petite semaine, et qui seront remplacées par des petites cicatrices rouges puis blanches qui s’atténueront peu à peu ;

En général, l’éruption évolue en 2 ou 3 poussées séparées de 1 à 3 jours avec coexistence sur la peau de boutons d’âges différents : macules, papules, vésicules et croûtes ;

L’éruption dure au total 10 à 12 jours puis disparaît spontanément.

Quand consulter et quel est le traitement approprié ?

Si l’enfant fait beaucoup de fièvre, seul le paracétamol est autorisé en cas de la varicelle, si une fièvre élevée persiste ou une fièvre disparaît puis refait son apparition, une consultation médicale est nécessaire, pour rechercher une éventuelle surinfection ;

Les formes enfantines de la varicelle sont généralement sans gravité, mais si l’enfant semble malade (il ne veut pas jouer, manger ou boire), ou si les cloques grossissent, rougissent ou deviennent très douloureuses, il faut consulter un médecin qui prescrira un traitement pour la prise en charge des ces symptômes. Le traitement repose surtout sur des soins locaux antiseptiques pour éviter les surinfections cutanées, et parfois un antiviral dans les cas plus graves, et sur la prévention des surinfections par un antihistaminique peut permettre de diminuer les démangeaisons ;

Comme pour toute infection virale, les antibiotiques sont inutiles, sauf en cas de complication (surinfection bactérienne).

Comment prévenir la transmission ?

  • Coupez et limez les ongles de votre enfant régulièrement et essayez de les garder propres, lavez-lui les mains correctement et fréquemment, utilisez des moufles pour les tous petits, mettez des chaussettes en guise de gants pour la nuit pour les plus grands, et essayez de prendre toutes les précautions pour éviter le grattage des boutons de varicelle pour réduire le risque de surinfection et les cicatrices indélébiles ;
  • Aérez les chambres tous les jours et placez votre enfant dans des conditions qui limitent la transpiration ;
  • Faites un ou deux douches rapide quotidiennement avec savon antiseptique (les bains plus ou moins prolongés facilitent la macération cutanée et le risque de surinfection) ;
  • Ne partagez pas les biberons, les tétines, les couverts… avec d’autres enfants ;
  • Évitez les contacts avec les autres enfants, essayez de garder votre enfant à la maison si possible jusqu’à ce qu’il soit complètement guéri ;
  • Évitez le contact avec les immunodéprimés, les femmes enceintes, les bébés et les adultes n’ayant pas été infectés lors de leur enfance ;
  • Évitez d’appliquer les produits qui ne sont pas prescrits par le médecin sur les lésions cutanées. Poudres, talcs, pommades, gels, colorants aqueux… qui n’apportent aucun bénéfice et retiennent les débris surinfectés ;

Quelles complications possibles ?

Dans la plupart des cas, la varicelle est une maladie bénigne, la complication la plus fréquente est une surinfection des lésions cutanées par des bactéries, surtout en cas de grattage des lésions, par ailleurs les boutons grattés peuvent engendre des cicatrices indélébiles ;

Les patients immunodéprimés ou recevant des fortes doses de médicaments corticoïdes, les sujets sous chimiothérapie anti-cancéreuse, les enfants avec un syndrome néphrotique, porteurs d’un déficit immunitaire, infectés par le VIH…peuvent avoir des complications graves s’ils sont infectés par la varicelle, donc ils ne doivent en aucun cas entrer en contact avec un enfant atteint de cette maladie, et en cas de doute, il faut faire recours au médecin traitant pour recevoir des anticorps spécifiques (immunoglobulines) à fonction protectrice ou même un traitement antiviral. Une vaccination à titre préventif ne peut être effectuée qu’après avoir justifié qu’elle est sans danger pour ce sujet immunodéprimé ;

La varicelle chez les femmes enceintes au cours des 4 premiers mois de la grossesse peut causer, dans 1 % à 2 % des cas, des malformations chez le fœtus (anomalies cutanées, oculaires, neurologiques, musculo-squelettiques…), et si les mamans développent la varicelle lors de l’accouchement ou dans les premiers jours qui précèdent celui-ci, le nouveau-né risque d’être infecté et de présenter une varicelle néonatale de gravité variable, qui peut aller jusqu’à des lésions graves de la peau avec atteinte pulmonaire. Les pédiatres lui donneront immédiatement des immunoglobulines spécifiques anti-varicelle afin de le prémunir contre ce danger ;

Un Syndrome de Reye peut survenir de façon exceptionnelle au cours de la varicelle de l’enfant en cas de prise d’aspirine, qui est formellement contre-indiquée au cours de la varicelle ;

Le risque de complications augmente avec l’âge et chez les patients les plus fragiles atteints de déficit immunitaire, de maladie chronique…

Vaccination

La vaccination contre la varicelle est recommandée pour les adolescents âgés de 12 à 18 ans n’ayant pas d’antécédent clinique de varicelle, et les adultes exposés à la varicelle (comme ceux en contact professionnel avec la petite enfance), immunocompétents sans antécédent de varicelle, ceux avec un projet de parentalité ou en post accouchement, et toute personne dans l’entourage d’immunodéprimés qui n’ont pas d’histoire de varicelle doivent être vaccinée.

La vaccination se pratique avec une injection de vaccin administrées à au moins deux mois d’intervalle. Elle peut être faite de manière isolée, ou groupée (vaccination anti-varicelle, rubéole, oreillons et rougeole).

La vaccination évite quelques milliers d’hospitalisations. De même, une vaccination faite précocement après un contact avec une personne porteuse du virus peut diminuer sensiblement le risque de développer la maladie et ces complications.

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