Suites de couches physiologiques et pathologiques

Suites de couches physiologiques et pathologiques

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Après 9 mois de grossesse, les bouleversements corporels et hormonaux ne s’arrêtent pas d’un seul coup après l’accouchement, le corps a besoin de temps pour se réadapter de cette grande expérience, il s’agit d’une période particulière dans la physiologie féminine appelée « suites de couches ou post-partum ».

C’est une période de changements physiques et psychiques qui s’étend de la délivrance du placenta jusqu’au retour de couches (ou reprise des règles après la grossesse), elle dure normalement entre 4 à 10 semaines en l’absence de contraception hormonale, pendant lesquelles votre organisme se remet en place, notamment au niveau de l’appareil génital, et l’établissement de la lactation.

Les suites de couches (SDC) constituent une période de surveillance importante, elles peuvent être physiologique (sans problème de santé particulier) ou pathologique (qui s’accompagne de complications plus ou moins graves). Découvrez tout ce qu’il faut savoir sur ces deux types avec LaMagicMaman.

Les suites de couches physiologiques

elles sont divisées en deux sous-types :

  • Suites de couches immédiates : Elles correspondent à la période de deux heures jusqu’aux 15ème jours suivant l’accouchement ;
  • Suites de couches tardives : Ou postpartum secondaire, elles s’étendent de 16ème au 45ème jour après la naissance, elles correspondent au retour de la mère et de l’enfant à domicile ;

Si la femme n’allaite pas son bébé, le retour de couches a généralement lieu à partir du 45ème jour après l’accouchement. En cas d’allaitement exclusif, le retour de couches est décalé d’au moins 4 mois. En cas d’allaitement mixte ou s’il est arrêté, les premières règles peuvent apparaître 6 à 8 semaines plus tard ;

Par ailleurs, les suites de couches sont caractérisées par d’importants changements hormonaux physiologiques tels que:

  • Une chute brutale des hormones produites par le placenta (progestérone, œstrogènes) ;
  • Une production de prolactine avec la sécrétion de colostrum ;

En cas d’allaitement, chaque tétée induit des pics de prolactine pendant les premières semaines, puis le taux de prolactine se normalise en moyenne après 112 jours ;

En l’absence d’allaitement, la prolactine chute et disparaît en une quinzaine de jours ;

C’est une période pendant laquelle il existe encore de nombreux risques pour le bébé et sa maman, d’où l’importance d’une surveillance médicale constante pendant les 2 premières heures après l’accouchement, puis biquotidienne au cours du séjour à la maternité, avec une prise répétée de votre tension artérielle, de votre pouls, la vérification du bon état contractile de l’utérus et des pertes sanguines ;

Le retour progressif de l’organisme féminin à son état initial d’avant la grossesse, permet plusieurs changements importants :

  • L’utérus se rétracte : son poids et sa taille diminuent, rapidement pendant la première semaine, et plus lentement par la suite. L’utérus reprend finalement sa taille normale (d’environ 6 cm) et son poids normal (d’environ 50 g) au bout d’environ 2 mois ;
  • L’endomètre (muscle utérin) se régénère avec une régression de la muqueuse, une cicatrisation de l’endomètre puis son régénération grâce à la sécrétion d’œstrogènes et enfin une reprise du cycle menstruel ;

Les suites de couches pathologiques

Dans la grande majorité des cas, les suites de couches se déroulent sans aucun problème de santé. Tous les changements qui se produisent pendant cette période sont alors normaux et permettent à l’organisme féminin de revenir à son état initial d’avant la grossesse. Cependant, dans un certain nombre de cas, des complications peuvent survenir au cours des suites de couches, qui sont alors dites pathologiques ;

Les pathologies les plus fréquentes pendant les suites de couches sont de différentes origines :

  • Utérines : l’endométrite (infection de l’endomètre), les hémorragies du post-partum ;
  • Thromboemboliques : les thromboses veineuses superficielles ou profondes, une phlébite ;
  • Mammaires : des complications de l’allaitement, telles qu’un engorgement mammaire au moment de la montée de lait, une lymphangite (inflammation des vaisseaux lymphatiques), une galactophorite ou mastite (inflammation du sein, avec ou sans infection), voire un abcès du sein en cas d’infection non contrôlée ;
  • Périnéales : une surinfection des cicatrices d’épisiotomie ou de déchirure, ou encore un lâchage des points de suture ;
  • Urinaires : une infection urinaire.

Si la plupart de ces complications sont généralement bénignes (engorgement, infection urinaire), certaines peuvent mettre en jeu le pronostic vital de la femme (hémorragies du post-partum, thromboses veineuses qui peuvent évoluer en embolie pulmonaire et doivent donc être prises très au sérieux, par les femmes et l’équipe médicale ;

Ces différentes pathologies doivent être recherchées au cours de l’examen clinique, pendant la surveillance des suites de couches. La survenue d’une fièvre ou de tout symptôme anormal doit être immédiatement mentionnée à l’équipe médicale pendant le séjour à la maternité. Après le retour à domicile, il est recommandé de consulter rapidement un médecin ;

Par ailleurs, certaines complications des suites de couches peuvent être prévenues par certaines mesures. Dans le cas par exemple des thromboses veineuses, la prévention est essentielle et passe par :

  • Un lever précoce après l’accouchement ;
  • Une contention veineuse en cas de facteur de risque ;
  • Un traitement préventif par un dérivé d’héparine en fonction du contexte clinique et des facteurs de risque.

Une fois diagnostiquées, ces différentes pathologies font l’objet d’une prise en charge adaptée, le plus souvent basée sur des traitements médicamenteux. Une hospitalisation peut être nécessaire dans certains cas, comme dans le cas de l’endométrite du post-partum ou des hémorragies tardives du post-partum (par exemple un retour de couches hémorragique).

1 commentaire
  1. Nedjet Malim dit

    merci beaucoup pour ses informations

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