Mastite : symptômes, causes, diagnostique et moyens de traitement

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La mastite est une pathologie inflammatoire du sein non contagieuse, qui peut s’accompagner ou non d’une infection, et qui se produit lorsqu’un canal galactophore se bouche, ou lorsqu’une infection de la poitrine se développe.

Elle est habituellement associée à l’allaitement, elle est appelée dans ce cas mastite puerpérale (ou lactationnelle), en dehors de la grossesse et de la lactation, elle est appelée mastite non puerpérale, qui est rare, mais elle peut être chronique, qui a tendance à récidiver.

La mastite peut être un trouble très douloureux, surtout si vous n’en occupez pas sur une longue période, comme elle peut être mortelle si la collection de pus localisée dans le sein est sévère, et qui n’est pas traitée rapidement.

Dans cet article, nous vous proposons de vous aider à identifier les symptômes et les causes de la mastite, en vous indiquons comment diagnostiquer et traiter ce désagrément.

Reconnaître les symptômes de la mastite

La mastite touche généralement un seul sein, et ce n’est pas toujours facile à repérer, car le sein peut être un peu engorgé de lait sans qu’il n’y ait d’inflammation, voici les signes les plus ou moins faciles à détecter :

  • Présence de « placard » : zone dure, chaude et rouge plus ou moins étendue sur le sein, qui est très sensible et douloureuse, selon la gravité de l’inflammation ;
  • Sensation de picotements au niveau du mamelon, qui commence au début de l’allaitement, et qui devient douloureux lorsque le bébé commence à téter ;
  • Avoir l’impression d’attraper la grippe : énorme coup de fatigue, des maux de tête, montée de fièvre plus ou moins violente et soudaine, frissons, courbatures… ;
  • sensibilité ou augmentation du volume des ganglions lymphatiques des aisselles, du même côté que le sein atteint ;

Continuez à surveiller les symptômes, si vous ne voyez pas d’amélioration dans les jours qui suivent, ou si les symptômes empirent, contactez votre médecin immédiatement.

Reconnaître les causes de la mastite

Causes de mastite puerpérale (liée à l’allaitement)

Une mastite puerpérale est observée précocement au cours des 3 premières semaines après l’accouchement, elle est due à une stagnation de lait dans l’un des nombreux canaux lactifères du sein, qui peut faciliter la multiplication des bactéries, ces dernières pénètrent dans le sein, par les crevasses ou par les petites blessures du mamelon, et s`y propagent par voie lymphatique, cela entraîne une inflammation des voies lactées et du tissu mammaire, et provoque de l’enflure, de la chaleur ou de la douleur.

Les causes responsables de la stagnation du lait sont :

  • Le bébé ne tête pas assez, une crevasse douloureuse n’encourage pas la mère à donner le sein fréquemment ;
  • Le lait ne s’écoule pas correctement, donc un vidange insuffisante du sein ;
  • Des bactéries présentes à la surface du sein peuvent pénétrer dans le mamelon, par des fissures ou crevasses dues à l’allaitement ;
  • Une augmentation de la sécrétion de prolactine, ce dernier augmente la production de lait durant la période de lactation ;
  • Un soutien-gorge à armature qui appuie sur un point, ou un portage de bébé trop serré ;
  • Une position de sommeil sur le ventre ;

Le stress, la fatigue et la venue du premier enfant font augmenter les risques de mastite.

Causes de mastite non puerpérale (survenant en dehors de l’allaitement)

Une mastite non puerpérale survienne généralement après une intervention chirurgicale, soit en chirurgie plastique : réduction ou augmentation mammaire (par exemple : une plastie mammaire avec prothèse en silicone), soit dans un contexte oncologique (tumorectomie, lymphadénectomie), et d’ailleurs même en dehors de la grossesse et l’allaitement, la femme peut avoir une augmentation de prolactine qui favorise la prolifération bactérienne, et qui peut être l’origine d’une mastite infectieuse. Il y a aussi d’autres causes telles que :

  • Affections médicales comme la tuberculose, la syphilis, le diabète sucré ;
  • Un traumatisme : en cas d`accident ou suite à un coup reçu sur la poitrine, ou une compression de la poitrine ;
  • Une crevasse infectée sur le mamelon non ou male traitée ;
  • Un kyste qui s’infecte ;
  • Une phlébite veineuse superficielle, appelée aussi maladie de Mondor ;

Le tabac, l’obésité et le piercing du mamelon (abcès sous-aréolaires) sont des facteurs de risque clairement établis.

Diagnostique (examens) de mastite

Chez les femmes qui allaitent, le médecin les fera subir un simple examen physique, en posant  certaines questions sur les symptômes, pour déterminer la présence ou l’absence d’une mastite. Il n’est pas habituellement nécessaire de recourir à des tests chez les femmes allaitantes.

Toutefois, pour les autres, il se peut que le médecin demande une série de tests, pour mieux comprendre l’affection, il pourrait y avoir une échographie de sein, une mammographie (en cas de mastites répétées, afin d`exclure la présence d`une tumeur maligne), une biopsie (prélèvement d’un échantillon de tissu) pour examen microscopique, et des analyses sanguines pour vérifier le dosage du taux de prolactine dans le sang.

Traitements et soins de mastite

Dans la grande majorité des cas, la mastite ne dure que 24-48 heures, et peut être enrayée sans traitement médical, il suffit souvent de :

  • Se reposer le plus possible ;
  • Donner le sein le plus fréquemment possible à votre bébé, tout en s’assurant que la position d’allaitement est adéquate pour qu’il tète efficacement (il n’y a aucun risque car le lait n’est porteur d’aucun germe nocif) ;
  • Appliquer sur le sein des compresses chaudes avant d’allaiter, et des compresses froides après la tétée, pour soulager la douleur ;
  • Masser délicatement la zone sensible de sein atteint ;

Si malgré ces efforts de prévention une mastite persiste, une consultation médicale s’impose et le médecin prescrira, selon la gravité de la mastite, un traitement symptomatique et des antibiotiques (non dangereux pour le bébé en cas d’allaitement) afin de mettre un terme à l’infection.

Traitement symptomatique

La fièvre est parmi les symptômes les plus répondus d’une mastite, il n’est pas nécessaire de la faire baisser de manière systématique, car elle aide à combattre l’infection et elle n’a pas d’impact négatif sur le lait, mais si la femme se sente très male, elle peut la faire baisser par les antipyrétiques  (paracétamol, ibuprofène et autres).

Pour la douleur, si elle est importante, il convient de la traiter par un analgésique, l’ibuprofène est considéré comme le plus efficace et il permet, éventuellement, d’atténuer non seulement la douleur, mais aussi l’inflammation, et le paracétamol est une bonne solution de remplacement.

Dans la mesure du possible, il est préférable de poursuivre l’allaitement, et de proposer le sein atteint à votre bébé dès que la douleur le permet.

Des inhibiteurs de la sécrétion de prolactine peuvent être aussi utiles, si le taux de cette hormone est très élevé dans le sang, ces médicaments freinent l’évolution de la sécrétion de lait par les glandes mammaires, et ça reste un traitement de premier choix en cas de mastite d’origine non bactérienne.

Antibiothérapie

La prise d’antibiotiques est indiquée en cas de présence d’une infection, d’où les symptômes sont sévères, ou si une crevasse profonde est visible au niveau du mamelon.

Si la femme doit être placée sous antibiotique, il faut absolument suivre le traitement jusqu’au bout, la plupart des spécialistes recommandent désormais un traitement de 10 à 14 jours, même si les symptômes disparaissent bien avant, il est important de suivre le traitement prescrit en entier pour éviter une récidive.

Si possible, il convient de mettre en culture du lait provenant du sein atteint et de déterminer la sensibilité aux antibiotiques des bactéries trouvées, l’antibiotique choisi doit être administré pendant une durée suffisante, car les traitements plus courts sont associés à une incidence accrue des rechutes.

Parmi les traitements recommandés amoxicilline associée à l’acide clavulinique, cloxacilline, dicloxacilline, flucloacilline (pas commercialisée en France), oxacilline d’une part, céphalexine, céphradrine, céflaclor d’autre part, et clindamycine et la ciprofloxacine peuvent être utilisées en cas d’allergies aux pénicillines.

Les  pénicillines M (cloxacilline et oxacilline) injectables sont contingentées et fournies par les laboratoires uniquement pour les patients hospitalisés pour lesquels aucune autre alternative thérapeutique n’est possible (antibiogramme à l’appui).

Note : Souvenez-vous que la mastite est une maladie qui se traite vite et efficacement, mais si le traitement est retardé ou incomplet, la guérison sera moins bonne et le risque de développer des complications sera accru. N’oubliez pas aussi de bien vous reposez et restez hydratée, pour aider à renforcer votre système immunitaire.

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