L’urticaire chronique spontanée : définition, symptômes, cause, personnes à risques, traitement et prévention

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L’urticaire chronique spontanée est une affection bénigne de la peau assez répandue (une personne sur 5 aura une crise d’urticaire au cours de sa vie) mais encore mal connue du grand public et de certains professionnels de santé. Ses manifestations sont très invalidantes et peuvent altérer profondément la qualité de vie des patients qui en sont atteints. Ses causes sont très nombreuses et le traitement est donc uniquement symptomatique.

Qu’est-ce que l’urticaire chronique ?

L’urticaire est une maladie cutanée soudaine qui se manifeste par des boutons, des plaques, des rougeurs, des démangeaisons et des œdèmes localisés ou généralisés sur la surface de la peau et aussi sur les muqueuses et qui ont un aspect semblables au boutons provoqués par une piqûre d’ortie. Ces manifestations se déclarent de façon répétée, tous les 2-3 jours, ou permanente pendant plus de 6 semaines consécutives et surviennent assez brutalement puis disparaissent tout aussi soudainement.

Cette pathologie peut affecter considérablement la vie sociale, personnelle et professionnelle à cause de l’inconfort physique mais aussi par son caractère visible. Elle est plutôt observée chez les femmes et elle concerne généralement les personnes âgées entre 20 et 40 ans.

Symptômes de l’urticaire chronique spontanée

L’urticaire chronique spontanée peut toucher la peau et également les muqueuses et elle se manifester par l’apparition :

  • Des plaques rouges ou rosées, arrondies, en relief, bien délimitées et de taille variable qui durent quelques heures puis disparaissent pour apparaître à un autre endroit (on dit qu’elles sont migrantes) ;
  • D’intenses démangeaisons provoquant une sensation de tension ou de brûlure ;
  • Des gonflements profonds, douloureux, de la couleur de la peau et qui apparaissent de façon inopinée sur le visage (paupières et lèvres), les mains, les organes génitaux… qui peuvent même provoquer des difficultés respiratoires mais qui disparaissent en quelques heures jusqu’à trois jours ;

Dans certains cas, d’autres symptômes sont associés :

  • une fièvre modérée, des douleurs abdominales ou des troubles digestifs et des douleurs articulaires.

Il y a aussi d’autres symptômes qui ne se voient pas mais ils se ressentent et qui influencent sur la qualité de vie de la personne touchée. Cette dernière peut souffrir de troubles du sommeil, d’anxiété, de la fatigue, d’une altération de concentration, des difficultés à s’habiller, de troubles de l’humeur pouvant aller jusqu’à la dépression…

Causes de la maladie

Les mécanismes en cause dans l’urticaire sont complexes et mal connus. Bien que les crises d’urticaire aiguë soient souvent dues à une allergie, l’urticaire chronique n’est pas d’origine allergique dans 90% des cas contrairement aux idées reçues.

L’urticaire chronique est liée à des réactions d’hypersensibilité “immédiate”. Elle est déclenchée par une stimulation non spécifique de certaines cellules présentes dans le derme appelées mastocytes qui deviennent plus sensibles et déclenchent des réactions inflammatoires inappropriées.

Les causes possibles de l’urticaire chronique sont : le froid, une pression exercée sur la peau, l’effort, le contact avec l’eau ou le soleil, une parasitose, le frottement des vêtements sur la peau ou le port de vêtements trop serrés, le stress, la prise de certains aliments (fraises, crustacés, fromages, chocolat, fruits exotiques, alcools, tomates, produits fermentés, conserves…), la prise de certains médicaments (aspirine, morphine, codéine, antibiotiques…) ainsi qu’une pathologie hépatique ou liées à la thyroïde.

Personnes à risque

Tout le monde peut être sujet à l’urticaire, On estime qu’au moins 20% des personnes présentent au moins une fois dans leur vie de l’urticaire aiguë. En revanche, l’urticaire chronique est plus rare. Elle concerne de 1 à 5 % de la population. Certains facteurs ou maladies peuvent favoriser sa survenue comme :

  • le sexe féminin (les femmes sont plus fréquemment touchées que les hommes) ;
  • des facteurs génétiques : dans certains cas, les manifestations apparaissent chez le nourrisson ou le jeune enfant quand il existe des cas d’urticaire dans la famille ;
  • des anomalies sanguines ou un déficit en certaines enzymes ;
  • certaines maladies systémiques (comme une thyroïdite auto-immune, une connectivite, un lupus, un lymphome). Environ 1 % des urticaires chroniques sont associées à une maladie systémique.

Traitement de l’urticaire chronique spontanée

Le traitement de l’urticaire chronique est purement symptomatique et a comme objectif de supprimer le tout ou une partie des manifestations (le prurit, la taille, le nombre et la fréquence des lésions) pour but de soulager le patient et d’améliorer sa qualité de vie.

Ce traitement repose sur l‘administration quotidienne d’antihistaminiques de seconde génération souvent pendant plusieurs mois et à des doses qui vont progressivement évoluer selon les démangeaisons et l’importance des éruptions. En parallèle, il conviendra d’éviter les facteurs d’aggravation ou déclenchant lorsqu’ils sont connus (médicaments, aliments, stress, chaleur…) ;

Si les résultats, après plusieurs semaines, ne sont pas suffisamment satisfaisants, le médecin prescrira des doses plus importantes d’antihistaminiques, un autre antihistaminique, l’association avec un autre médicament ou d’autres traitements de fond comme la biothérapie pour arriver à un traitement adapté qu’il faudra suivre sans interruption pour que les symptômes de la maladie ne reviennent pas

Quant aux corticoïdes, ils sont déconseillés. Les crèmes ou pommades à appliquer localement sont, quant à elles, peu efficaces.

Conseils pour atténuer les symptômes de l’urticaire chronique

Voici quelques conseils d’ordre général à suivre dans votre quotidien afin de limiter la gravité des symptômes :

  • suivez votre traitement antihistaminique selon la posologie que vous aura indiquée votre médecin et n’essayez jamais de l’interrompre sans avis médical, même en cas d’absence de nouvelle poussée d’urticaire ;
  • Évitez la prise de médicaments contenant des anti-inflammatoires non stéroïdiens dérivés de l’aspirine, les antibiotiques, les produits de contrastes iodés… préférez le paracétamol en cas de douleurs modérées. Et si le recours à l’un de ces médicaments est nécessaire, votre médecin va envisager les posologies les plus faibles possibles et il va vous fractionner les prises ;
  • Évitez la consommation excessive d’aliments riches en histamine ou histamino-libérateurs ;
  • Limitez les frottements, les jets d’eau trop forts, la température de la douche ou du bain et toute autre source de chaleur non indispensables ;
  • Ne vous couvrez pas trop pour limiter la transpiration, évitez de porter de la laine directement sur la peau ou des vêtements serrés ;
  • Apprenez à gérer les situations de stress, échangez avec d’autres personnes qui vivent la même chose que vous et essayez de se faire aider par un spécialiste en cas de problèmes psychologiques ;
  • Veillez à bien hydrater votre peau.

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