La rubéole chez l’enfant et chez la femme enceinte

La rubéole chez l’enfant et chez la femme enceinte

0 16

La rubéole est une infection éruptive due à un virus de la famille des Togavirus qui attaque les voies respiratoires et les ganglions du cou, avant de se répandre dans l’organisme grâce à la circulation sanguine. Elle a une phase contagieuse qui débute bien avant l’éruption cutanée visible jusqu’à plusieurs jours après, et une période d’incubation qui dure de 14 à 21 jours.

Elle survient le plus souvent chez les jeunes enfants, dans des petites épidémies d’hiver ou de printemps, elle passe habituellement sans gravité et parfois même inaperçue. Par contre, c’est une infection très dangereuse chez la femme enceinte pour le fœtus, si elle la contracte dans ses 4 premiers mois de grossesse, et elle provoque des malformations graves des yeux, des oreilles, de cœur et du cerveau (syndrome de rubéole congénitale SRC).

Les symptômes de la rubéole

Dans près de la moitié des cas, la rubéole passe inaperçue, et ne provoque aucun signe clinique particulier. Lorsque l’infection est symptomatique, elle se manifeste classiquement par les symptômes suivants :

  • Une légère fièvre (38-39 °C environ), accompagnée de maux de gorge, d’une toux légère, des nausées, une sensation de malaise générale et une conjonctivite modérée ;
  • Ensuite, de petites taches rosées (plus claires que celles de la rougeole) apparaissent, dans 50% à 80% des cas, sur le visage et le cou ;
  • En moins de 24 heures, l’éruption s’étend au buste, puis au ventre et aux jambes puis s’étendre sur le reste du corps avant de disparaître deux ou trois jours plus tard ;
  • Des adénopathies : il y a souvent une augmentation du volume des ganglions lymphatiques derrière les oreilles, dans le cou, ainsi qu’à l’aine et sous les aisselles qui peuvent persister pendant plusieurs semaines ;
  • Les femmes enceintes infectées et non immunisées, présentent parfois une arthrite et des douleurs articulaires, en général pendant 3 à 10 jours.

Les risques de contagion

Le virus de la rubéole se propage dans l’organisme en 5 à 7 jours et les symptômes apparaissent en général 2 à 3 semaines après l’exposition. Il se transmet essentiellement par :

Voies aériennes supérieures, en cas de toux, d’éternuements, de mouchage ou de contact par des mains souillées par la salive, ce qui explique qu’il se répand très vite ;

Contact direct et étroit avec une personne porteuse du virus, qu’elle présente ou non des symptômes caractéristiques de l’infection ;

Les objets contaminés par des sécrétions du nez ou de la gorge (jouets, mouchoirs…) ;

Quand une femme contracte la rubéole en début de grossesse, la probabilité de transmission du virus au fœtus est de 90%.Les nourrissons atteints du syndrome de rubéole congénitale (SRC) peuvent excréter le virus pendant au moins une année.

Les complications

Rarement, la rubéole peut entraîner :

  • Le purpura thrombopénique est une complication qui peut se voir ;
  • Une forme d’arthrite peu grave, affectant les doigts, les poignets et les genoux, qui disparaît habituellement d’elle-même après environ 1 mois ;
  • Une infection aux oreilles (otite) ;
  • Une encéphalite, touchant plus souvent les adultes (1 cas sur 6000) ;
  • Une réaction méningée, avec mal de tête, vomissements faciles, crainte de la lumière…

Les complications sérieuses de la rubéole surviennent lorsqu’elle infecte des femmes enceintes. Le risque de malformations congénitales graves ou de fausse couche est élevé si une femme contracte la rubéole dans les 3 premiers mois de sa grossesse. Après le troisième mois, le risque commence à diminuer et le bébé n’a presque pas de problèmes si la mère a eu la rubéole après la 20ème semaine de grossesse. Les problèmes observés chez les enfants nés de mères infectées sont notamment :

  • Une mort fœtale ;
  • Des cataractes ;
  • Une surdité ;
  • Un retard de croissance ;
  • Des malformations cardiaques ;
  • Des problèmes du développement ;
  • Des malformations de la moelle épinière;

Le diagnostic

La rubéole peut être difficile à diagnostiquer puisqu’elle peut avoir des symptômes légers voire inaperçue. Votre médecin vous fera passer un examen physique qui se base sur l’aspect de l’éruption (lorsqu’elle existe) et à la présence de ganglions anormalement gros au niveau du cou et derrière les oreilles, il vous posera quelques questions et s’il suspecte une rubéole, il pourrait demander des analyses sanguines ;

Une de ces analyses consiste à rechercher des anticorps contre la rubéole, mais elle comporte certaines limites et peut manquer des infections mineures.

Le traitement

Le traitement nécessaire pour soigner la forme bénigne de la rubéole, chez l’enfant comme chez l’adulte, est purement symptomatique : prise en charge de la fièvre, des douleurs articulaires… un médicament à base de paracétamol est autorisé ;

Comme étant une maladie virale, les antibiotiques ne permettent pas de la soigner donc inutiles d’en penser !

Les médecins conseillent seulement de garder l’enfant au calme, de le prévenir de l’état fébrile, quant aux taches, elles s’estomperont d’elles-mêmes ;

Si la rubéole survient chez une femme enceinte, une surveillance médicale est primordiale en raison du risque de complications fœtales.

La vaccination

La meilleure prévention de la rubéole repose sur la vaccination, qui est devenue obligatoire chez tous les enfants à partir du 1er janvier 2018, elle est pratiquée de façon systématique entre 12 et 24 mois, et elle est également recommandée pour :

Les femmes enceintes non immunisées, juste après leur accouchement (pour éviter le risque d’atteintes fœtales lors d’une éventuelle grossesse) ;

Les personnes exerçant des professions de santé ;

Les personnes travaillant au contact des enfants.

Une seule dose confère une efficacité excellente et une immunité durable supérieure à 95%, similaire à l’immunité naturelle, et puisqu’elle est préparée à partir d’un virus vivant atténué, elle doit être réalisée sous une contraception efficace, débutée un mois avant et poursuivie deux mois après la vaccination ;

Elle est remboursée à 100 % par l’Assurance Maladie chez tous les enfants âgés de 1 à 18 ans, puis à 65% chez les adultes, avec un complément de prise en charge possible par les organismes complémentaires ;

Le vaccin antirubéoleux est injecté par voie intramusculaire ou sous-cutanée, il est disponible en formulation monovalente (c’est-à-dire seul) mais, le plus souvent, il est associé à d’autres vaccins contre la rougeole et l’oreillon ;

Plusieurs études scientifiques ont montré que le risque d’autisme n’est pas supérieur chez les enfants déjà vaccinés avec le vaccin ROR par rapport à ceux non vaccinés. Actuellement, aucun élément fiable ne permet de relier la vaccination par le vaccin ROR et le risque de survenue d’un autisme.

Des mesures d’hygiène s’imposent pour éviter la propagation du virus de la rubéole

Toute personne contaminée par le virus doit prendre certaines précautions et mesures d’hygiène pour éviter la propagation de l’infection :

  • Lavez-vous les mains à l’eau et au savon, avant et après chaque contact avec votre enfant, et lavez-lui ses mains correctement et fréquemment ;
  • Lavez-lui le nez avec du sérum physiologique, et apprenez-lui à se couvrir la bouche et le nez lorsqu’il éternue ou tousse avec un mouchoir ou avec sa manche (au niveau du pli du coude) ;
  • Utilisez des mouchoirs en papier à usage unique qu’il doit jeter dans une poubelle munie d’un couvercle ;
  • Nettoyez les objets utilisés par le malade (jouet, verres, couverts…) et ne les partagez pas avec ses frères sœurs ou avec d’autre personnes ;
  • Limitez ses contacts, surtout s’il s’agit de femme enceinte non immunisée contre la rubéole ;
  • Retirez votre enfant de l’école ou de la collectivité dans laquelle il est gardé tant qu’il est fébrile ;
  • Aérez votre maison au minimum une fois par jour ;

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.