Hémangiomes des bébés

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Dans le langage courant, on l’appel “fraises” ou “tâche de vin”. En médecine, on parle d’hémangiomes. Il s’agit des affections dermatologiques courantes touchant 10% des nourrissons principalement les filles (trois à quatre fois plus que les garçons). Les parents découvrent souvent cette tache avec angoisse au cours de la toilette ou du bain. Pas de panique, en règle générale, l’hémangiome disparaît spontanément au bout de quelques années et présente un caractère bénin mais son évolution doit néanmoins être surveillée par un médecin pour s’assurer qu’il n’atteigne pas certaines zones à risque. Le point sur l’hémangiome infantile.

Qu’est-ce qu’un hémangiome ?

Un hémangiome est une vasculaire tumorale ou malformative bénigne qui apparaît sur le corps du nourrisson quelques semaines ou quelques mois après sa naissance. Il se développe par prolifération des cellules des vaisseaux sanguins, celles-ci forment une petite masse en relief à la surface de la peau, indolore de taille, de consistance et de couleur variables selon le siège. Il se développe rapidement pendant les premiers mois de vie avant de régresser spontanément et de disparaître vers l’âge de 5-7 ans.

On distingue 3 types d’hémangiomes :

  • Les hémangiomes superficiels (angiomes tubéreux ou fraises): sont des nodules ou plaques de couleur rouge vif, de surface lisse ou grenue telle un fruit et qui apparaissent au cours des trois premières semaines de vie ;
  • Les hémangiomes dermiques purs (profonds) : sont des hémangiomes sous-cutanés, concernant l’hypoderme, de tonalité bleutée ou de la couleur de la peau normale, de consistance ferme et élastique et qui apparaissent plus tardivement, vers 3 ou 4 mois. ;
  • Les hémangiomes de formes mixtes: sont l’association  des deux types précédant donc ils touchent le derme et l’hypoderme, de couleur rouge au centre et bleutée autour.

Il est important de souligner que, malgré les efforts de classification, il existe encore une grande confusion sémantique et donc diagnostique autour du terme « hémangiome ». Notons qu’il existe d’autres tumeurs vasculaires bénignes, telles que l’hémangiome congénital. Contrairement à la tumeur acquise de l’hémangiome, la tumeur qu’il occasionne est présente dès la naissance et ne grossit pas. Elle est violette et souvent localisée au niveau des membres proche des articulations. Enfin, il convient de distinguer les tumeurs vasculaires des malformations vasculaires.

Les symptômes de l’hémangiome

Les hémangiomes évoluent et se développent en trois phases :

  • La première est une phase de croissance durant de quelques semaines à 5 ou 6 mois. Elle se caractérise par l’apparition de l’hémangiome durant les premières semaines de vie ou jusqu’à l’âge de 2 à 3 mois puis il commence à se développer en volume et en surface jusqu’au 12ème mois. L’hémangiome peut mesurer de quelques millimètres à plusieurs centimètres, il est isolé dans 80 % des cas et est localisé au niveau de la tête et du cou dans 60 % des cas. Mais il existe aussi des hémangiomes multiples (ou disséminés).
  • La deuxième est une phase de stabilisation où l’évolution de l’hémangiome s’interrompt et elle dure quelques mois;
  • Et la troisième montre une régression spontanée, l’hémangiome se résorbe progressivement jusqu’à disparition complète dans la majorité des cas.

Généralement, ils ne sont pas douloureux sauf si une plaie apparaît en surface.

Les origines d’hémangiomes 

L’organisation du système vasculaire n’est pas arrivée à maturation dans les semaines précédant la naissance, comme c’est normalement le cas, et se poursuit anormalement dans la vie extra utérine à cause d’un défaut d’oxygène sur certaines zones de la peau. Ce manque d’oxygène provoque la formation anarchique de vaisseaux sanguins.

La recherche médicale a identifié plusieurs facteurs pouvant favoriser l’apparition d’hémangiomes :

  • Des lésions du placenta pendant la grossesse ;
  • Les grossesses difficiles (hypertension, pré-éclampsie) ;
  • Les grossesses tardives ou multiples ;
  • Les grands prématurés et les bébés de petit poids à la naissance ;
  • Les nourrissons à la peau blanche et claire ou d’une ascendance caucasienne ;
  • Les filles ont trois fois plus de risque de développer un hémangiome que les garçons.

Il n’existe pas de cause génétique, ni de susceptibilité héréditaire dans l’apparition des hémangiomes.

Quand faut-il prendre en charge l’hémangiome ?

Un traitement doit être proposé dans certains cas consensuels :

  • Hémangiomes avec risque de séquelles esthétiques majeures, notamment dans les localisations cervico-faciales et ceux de plus de 2 cm. Car ils peuvent entraîner des effets psychiques et des sentiments négatifs importants pour l’enfant, mais aussi pour les parents ;
  • Hémangiomes avec risque vital potentiel : localisation laryngée, localisation nasale obstructive… il existe même un risque d’insuffisance cardiaque … ;
  • Hémangiomes avec risque fonctionnel : la localisation de l’hémangiome risque d’empêcher le bon fonctionnement d’un organe, que ce soit l’œil, la bouche, l’oreille, le nez… ;
  • Hémangiomes ulcérés qui se nécrosent, saignent, s’ulcèrent ou qui font mal ;
  • Hémangiomes dans le cadre d’un syndrome PHACE sévère.

Ajoutons que 80 % des hémangiomes sont bénins et se résorbent spontanément sans aucune séquelle.

Le traitement de l’hémangiome

Sachez qu’aucun traitement n’est nécessaire pour la plupart des hémangiomes car leur régression est spontanée dans 80-90 % des cas (selon les sources). En revanche, si l’hémangiome est volumineux et/ou se complique menaçant le pronostic vital ou le bon fonctionnement d’un organe, il est nécessaire de consulter un médecin.

Dans ce cas, votre médecin peut prescrire à votre enfant un traitement au propranolol, il s’agit d’un médicament bétabloquant qui a reçu une autorisation de mise sur le marché en Europe en 2014, qui est actuellement utilisé en première intention en France. Une demande d’autorisation d’utilisation doit être adressée à l’AFSSAPS qui contrôle le respect des indications et autorise la mise en route du traitement dans le cadre réglementaire d’une autorisation temporaire d’utilisation (ATU).

Ce traitement qui a été découvert totalement par hasard en 2006, qui a approuvé son efficacité face aux catégories d’hémangiomes les plus compliquées et qui manifester aussi son innocuité en limitant les risques d’effets secondaires présentant dans les autres traitements de l’hémangiome comme les corticostéroïdes, la cryothérapie (traitement par le froid), le laser et l’excision chirurgicale.

Attention, il existe des contre-indications : le traitement ne doit pas être prescrit aux enfants asthmatiques. Et en ce qui concerne les effets secondaires, on a constaté un sommeil plus agité avec parfois des cauchemars.

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