Diabète gestationnel

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Le diabète gestationnel ou diabète de grossesse est la principale complication, touchant 7 % des femmes enceintes en France, qui se manifeste par une augmentation de glycémie habituellement vers la fin du 2e trimestre. Dans la majorité des cas, il disparaît après l’accouchement, mais la mère devient à risque de développer le diabète de type 2 dans les années qui suivent.

Quels sont les symptômes? Quels sont les femmes à risque ? Quels risques pour la mère et le fœtus ? Comment dépister ce diabète ? Et quels sont les traitements proposés ? Les réponses .

Qu’est-ce que le diabète gestationnel ?

Le diabète gestationnel est un trouble de la tolérance au glucose débutant pour la première fois pendant la grossesse et conduisant à une hyperglycémie dans le sang. Ce diabète est définit par une glycémie veineuse à jeun supérieure à 1,26 gramme par litre de sang (7 mmol/L), à deux reprises.

Sous le terme de diabète gestationnel, on regroupe deux types différents :

  • Le diabète prégestationnel : la femme souffre d’un diabète avant d’être enceinte ;
  • Le diabète gestationnel : la femme développe un diabète uniquement à l’occasion de la grossesse, trouble qui disparaît le plus souvent après la grossesse ;

Ce dernier type est le plus risqué sans doute car il peut être détecté trop tardivement ce qui expose à des complications maternelles et fœtales potentiellement sévères (de la prématurité à la survenue de malformations ou le décès, dans les cas extrêmes).

Les symptômes

Généralement, le diabète gestationnel est asymptomatique et peut passer inaperçu car la femme enceinte n’a pas de symptômes évidents des autres types de diabète. Toutefois, il arrive occasionnellement que les mêmes symptômes que le diabète sucré se manifestent :

  • Fatigue importante ;
  • Soif exagérée ;
  • mictions (urines) fréquentes et abondantes ;
  • Maux de tête ;

Les femmes à risque

Plusieurs facteurs augmentent le risque de développer un diabète de grossesse :

  • Être âgée de 35 ans ou plus, le risque s’accroit avec l’augmentation de l’âge maternelle ;
  • Surpoids ou obésité ;
  • Prise de poids excessive au cours de la grossesse ;
  • Antécédents familiaux de diabète de type 2 ;
  • Antécédents personnels de : diabète gestationnel, accouchement prématuré, mort fœtale in utero inexpliquée, macrosomie (nouveau né pesant 4 kg ou plus à la naissance ou avec un poids de naissance bien supérieur à l’âge gestationnel), d’hydramnios (quantité excessive de liquide amniotique) ;
  • Grossesse multiple ;
  • Souffrir du syndrome des ovaires polykystiques ;
  • Prise régulière de corticoïdes ;
  • Souffrir d’acanthosis nigricans, une décoloration de la peau souvent brunâtre au niveau du cou et sous les bras ;
  • Faire partie d’un groupe ethnique à haut risque de diabète (descendance autochtone, latino-américaine, asiatique, arabe ou africaine) ;

Conséquences possibles

Lorsque le diabète gestationnel n’est pas bien contrôlé, la maman et son bébé sont exposés à de nombreux risques.

Risques pour la mère :

  • Rester diabétique après l’accouchement ou développer à long terme un diabète de type 2 ;
  • Surplus de liquide amniotique, augmentant le risque d’un accouchement prématuré ;
  • Accouchement par césarienne ou accouchement vaginal plus difficile (à cause, entre autres, du poids du bébé et de blocage des épaules lors de la sortie) ;
  • Avortements spontanés ;
  • Infection urinaire ;
  • La complication la plus grave est la survenue d’une pré-éclampsie (ou toxémie gravidique) pouvant associer prise de poids, œdèmes et hypertension artérielle ;

Risques pour le bébé :

Le glucose en excès chez la maman est transmis au fœtus en surplus. Cette réserve calorique excédentaire est stockée dans ses organes peut causer les complications suivantes :

  • La macrosomie : poids dépassant 4 kg à la naissance ;
  • Hypoglycémie néonatale ;
  • Exagération de la jaunisse du nouveau-né surtout s’il est prématuré ;
  • Syndrome de détresse respiratoire ;
  • Obésité et risque de développer, au début de l’âge adulte, un diabète de type 2 (surtout en cas de macrosomie à la naissance) ;
  • Carence en calcium dans le sang à la naissance ;
  • Risque de blocage lors de la sortie des épaules pendant l’accouchement pouvant engager le pronostic vital de l’enfant ;

Un bon contrôle du diabète permet de réduire considérablement les risques de complication.

Test de dépistage

Toutes les femmes enceintes doivent, par précaution, passer un test de dépistage entre la 24e et la 28e semaine d’aménorrhée et celles qui présentent des facteurs de risque doivent le faire plus tôt, vers la 12e semaine ;

Le professionnel de santé réalise deux tests de dépistage : un premier fait à jeun et un deuxième appelé HGPO (hyperglycémie provoquée par voie orale) fait après un certain temps de la prise d’une quantité bien déterminée de glucose. Le but est savoir comment votre corps réagit au sucre ;

Une mesure du dosage de la glycémie est réalisée après 1 heure puis 2 heures de l’ingestion. Une seule valeur de glycémie supérieure aux seuils définis suffit à diagnostiquer un diabète gestationnel. Les seuils pathologiques sont : > à 0,92 g/L à jeune, >1.8 g/l après 1 heure, >1.53 après 2 heures ;

Les traitements du diabète gestationnel 

Un traitement réussi s’appuie sur un régime nutritionnel, une activité physique régulière, une autosurveillance glycémique en plus d’une surveillance médicale veillant à suivre l’évolution de la patiente et de son diabète ;

Le régime diététique, parfois suffisant lorsqu’il est bien conduit, consiste en une alimentation limitée à 2 000 calories par jour répartie sur 3 repas et 2 collations, avec contrôle des sucres lents. La femme doit privilégier les aliments à faible index glycémique et les fibres qui ralentissent l’absorption des glucides et donc le pic d’hyperglycémie post-prandiale ;

L’activité physique doit être modérée et adapté à la grossesse (marche, natation, gymnastique douce…), qui pourrait contribuer à diminuer le risque de survenue de diabète gestationnel, diminuer la prise de poids excessive et, également, diminuer le risque d’un bébé trop gros à la naissance ;

La femme enceinte doit pratiquer l’autosurveillance glycémique, 4 à 6 fois par jour. Objectif : garder une glycémie à un taux acceptable, soit inférieur ou égal à 0.95g/L à jeun et inférieur à 1,20g/L deux heures après le début du repas ;

Si cela ne suffisent pas pour atteindre l’équilibre glycémique, un traitement à base d’insuline (3 ou 4 injections quotidiennement) peut être prescrit. Il s’agit d’injection sous-cutanée d’insuline lentes de type NPH et aussi d’insuline rapide de type “analogues rapides” si nécessaire. Les antidiabétiques oraux sont contre-indiqués dans ce cas ;

Un contrôle glycémique rigoureux permet de diminuer voire d’éviter la plupart des complications péri-natales. Le taux de macrosomie chez les nouveau-nés et celui de complications néo-natales sont réduites de moitié.

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